Le personnage principal de la pièce — le titre ne trompe pas — est le domaine lui-même, chargé d’Histoire et d’émotions. En quatre actes, la metteuse en scène nous entraîne au cœur de cette cerisaie : d’abord lieu de l’enfance et des souvenirs, puis théâtre du drame et de la perte, où se jouent à la fois la dislocation d’une famille et l’effondrement d’un monde. À l’image de l’auteurmédecin russe, Aurélie Van Den Daele scrute les âmes avec une précision presque chirurgicale. Que nous dit aujourd’hui cette histoire de mémoire et de lutte des classes ? Faut-il renoncer au passé pour pouvoir avancer ?
Porté par une distribution intergénérationnelle, ce théâtre sensible et vivant fait résonner en chacun la mémoire d’un lieu, comme un lien fragile entre les êtres. Entre déambulation et moments de fête, cette création interroge nos attachements, nos pertes et ce qui, malgré tout, continue de nous relier.